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Investissement - Bilan et perspectives 2022-2023

Québec International a publié aujourd’hui la quatrième section de la publication Bilan et perspectives 2022-2023 portant sur l’investissement dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec. Réalisée par l’équipe des études économiques, cette publication dresse un bilan des investissements en Immobilisations corporelles non résidentielles, de la provenance des investissements, du marché immobilier résidentiel et de la mise en chantier.

Sommaire

Avec un peu plus de 5,05 G$ d’intentions de dépenses en 2022, l’investissement en Immobilisations corporelles non résidentielles dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec a connu un bond de 25 % par rapport à 2021. La région avait enregistré alors 4,3 G$ d’investissements selon les chiffres provisoires. L’essentiel de cette croissance en 2022 a été induit par les activités de Construction qui ont attiré au-delà de la moitié des intentions de dépenses (62,9 %) contre un peu plus du tiers (37,1 %) pour le Matériel et Outillage.

Le secteur spécifique de la Construction de bâtiments (non résidentiel et résidentiel) de la RMR a lui aussi connu une croissance importante des investissements de l’ordre de 16 %. Dans ce secteur, c’est le non résidentiel qui a inscrit un bond record des investissements de 49 % grâce notamment au segment de l’Institutionnel et gouvernemental dont les dépenses ont doublé. Le secteur résidentiel a vécu, quant à lui, une croissance plus modeste des dollars investis et une chute du nombre de logements mis en chantier, après une année 2021 marquée par une surchauffe.

Cette baisse semble s’accentuer au premier trimestre de 2023 qui a vu le nombre de mises en chantier dans la RMR diminuer de moitié comparativement au même trimestre en 2022. On se rappellera qu’au bilan précédent (2021-2022), les résultats étaient tout autre. Les données révélaient une performance historique de la RMR de Québec, tant pour les mises en chantier, la construction que les logements achevés. Cette baisse historique du nombre de mises en chantier observée cette année constitue un défi pour la RMR de Québec qui a enregistré au même moment un taux d’accroissement exceptionnel de sa population (14,5 pour mille). De plus, le marché de l’emploi de la RMR, qui trône au premier rang des régions canadiennes, rendra le besoin de logement dans la région encore plus aigu considérant qu’il faudra accueillir de nouveaux travailleurs qui seront de plus en plus nombreux à venir s’installer.

Le bilan 2022-2023 permet aussi de constater la part importante de l’investissement étranger dans les intentions de dépenses dans la RMR. À cet effet, plus du quart (27 %) des dollars privés investis en 2022 étaient d’origine étrangère (États-Unis, Europe, et ailleurs). Le nombre de filiales étrangères a aussi considérablement augmenté par rapport à 2018 (10 % de plus). Leurs chiffres d’affaires et leurs retombées économiques s’évaluaient en 2022 à plusieurs milliards (19,9 G$ pour le chiffre d’affaires et 11,3 G$ pour les retombées). Le tout représentant près de 800 M$ de revenus pour le gouvernement provincial, et plus de 600 M$ pour le gouvernement fédéral auxquels s’ajoutent plus de 60 000 emplois directs et indirects pour la région de Québec.


Faits saillants

Pour un aperçu des faits saillants de cette section, nous vous invitons à visionner cette brève capsule vidéo : 

Conclusion

Au cours de 2022, l’investissement en Immobilisations corporelles non résidentielles dans la RMR de Québec a augmenté de 25 % par rapport à 2021. L’essentiel de ce bond a été induit par les activités de Construction qui ont attiré au-delà de la moitié des intentions de dépenses (62,9 %) contre un peu plus du tiers (37,1 %) pour le Matériel et Outillage. La composante Construction3 a aussi battu le sommet des quinze dernières années : 3,2 G$ d’intentions de dépenses, soit 17 % de plus que le précédent record (2018) atteignant 2,7 G$.

La répartition de ces dépenses par type d’industries souligne que les industries productrices de services avaient attiré 83,1 % des investissements (soit, 4,2 G$), contre 16,9 % (soit, 851 M$) pour celles productrices de biens. Les données montrent également que 40 % des dollars (soit, 2 G$) provenaient du privé comparativement à 41,7 % en 2021. La part de l’investissement public relativement à ces dans ces dépenses a été marquée par une croissance de l’ordre de 48,6 % pour la même période.

La majorité des dollars privés immobilisés (59 %) était destinée au Matériel et Outillage, la balance étant dédiée à la Construction. La tendance était inversée pour les dollars publics, avec plus des trois quarts (78 %) destinés à la Construction et un peu moins du quart (22 %) au Matériel et Outillage. En 2022, plus des deux tiers des dollars privés immobilisés (1,3 G$) provenaient du Québec, dont le cinquième (20 %), correspondait à 408 M$ des États-Unis.

Dans l’ensemble, c’est un peu plus du quart des intentions de dépenses privées (27 %) qui provenaient de l’étranger : États-Unis, Europe, et autres. Cela montre que la RMR attire beaucoup d’investissements étrangers, mais également des filiales étrangères. Leur nombre et leur impact n’a cessé de croître. Les données colligées par QI permettent d’estimer à tout près de 300 leur nombre dans la RMR en 2022, avec une contribution de près de 11,3 G$ au PIB de l’économie régionale et de 14 % de part dans l’emploi total.

Le secteur spécifique de la Construction de bâtiments (non résidentiel et résidentiel) de la RMR a lui aussi atteint une croissance importante des investissements, de l’ordre de 16 %. Dans ce secteur, c’est le non résidentiel qui a inscrit un bond record des investissements (49 %), notamment grâce au segment de l’Institutionnel et gouvernemental dont les dépenses ont doublé. Le segment du résidentiel a connu quant à lui une modeste augmentation des dollars investis et une réduction historique des mises en chantier.

Cette baisse s’est encore davantage accentuée dans cette première partie de 2023. Au premier trimestre de 2023, le nombre de mises en chantier dans la RMR a ainsi baissé de moitié comparativement au même trimestre en 2022. Cette baisse contraste avec 2021, alors que le secteur de la construction résidentielle de la RMR avait réalisé une performance mémorable tant pour les mises en chantier, la construction que les logements achevés (réf. Bilan Investissement 2021-2022), provoquant même une surchauffe et une rareté.

La hausse des prix et des taux d’intérêt qui s’en est suivie explique ce ralentissement du nombre de mises en chantier que l’on observe de 2022 à aujourd’hui. Cette situation constitue un dilemme pour les investisseurs du secteur quant au choix entre le marché du locatif et celui de la propriété. À cet effet, la croissance des coûts de financement, les ruptures d’approvisionnement pour certaines composantes de construction, ainsi que les taux d’intérêt influenceront assurément les résultats pour 2023 quant à la baisse du nombre de mises en chantier. Ainsi, le coût des propriétés existantes continuera à augmenter malgré un nombre de reventes en diminution.

Ce ralentissement dans le marché de la propriété, conjugué à une croissance soutenue de l’emploi et des soldes migratoires, entraînera, dans les prochaines années, la hausse de la demande dans le marché du locatif. Là aussi, le taux d’inoccupation proche du nul mettra sous pression ce secteur qui aura besoin dans les prochaines années d’investissements majeurs dans la construction de nouveaux logements. Autrement, les prix risquent d’augmenter de manière importante et remettre en cause l’accessibilité comme l’abordabilité des logements dans la région.

Cette tension dans le secteur résidentiel en général constitue un défi unique pour la RMR de Québec dont le marché de l’emploi qui trône au premier rang des régions canadiennes a plus que jamais besoin de nouveaux travailleurs et de nouveaux logements pour les accueillir.

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